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23 décembre 2008

Commentaires

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Pierre Housieaux, Président de l'association de sauvegarde du Paris Historique, nous demande de diffuser la lettre ouverte qu'il vient d'adresser à la ministre Christine Albanel :

Lettre ouverte à Madame Christine ALBANEL, Ministre de la Culture, au sujet de projet de rénovation de l’hôtel Lambert dans le IVe arrondissement de Paris.

Madame la Ministre,

La Commission du Vieux Paris, dont je suis membre, vient d’émettre unanimement un vœu de protestations vigoureuses contre les travaux d’aménagement prévus à l’hôtel Lambert de Le Vau, classé monument historique, et auquel ont collaboré les plus grands artistes du temps, comme Le Brun ou Le Sueur. Il est aussi le seul hôtel particulier de la fin du règne de Louis XIII qui nous soit parvenu pratiquement intact.

Je ne vous ferai évidemment pas l’affront de continuer la description de ce monument exceptionnel. Qui mieux que vous serait à même d’en juger ? Vos actions et engagements antérieurs sur le domaine de Versailles, notamment, sont là pour témoigner de votre érudition et de votre attachement sans réserve à notre patrimoine culturel.

La raison d’Etat quelquefois invoquée pour dénaturer ce patrimoine international vous imposerait-elle de faire fi de toute la règlementation en matière d’urbanisme et de monuments historiques et d’autoriser aussi facilement cet acte de vandalisme ?
Mais de quelle raison d’Etat s’agit-il ?
Celle qui autoriserait notre gouvernement à devenir hors la loi, ou celle qui permettrait à un chef d’Etat étranger de détruire impunément et IRREMEDIABLEMENT un site dont la valeur architecturale et historique dépasse très largement nos frontières ?
N’y aurait-il pas une autre alternative, plus digne, qui consiste à réagir très vivement contre ce projet fou, assimilable à la pire des opérations immobilières qu’on aurait pourtant cru là, INIMAGINABLE…

Les experts de la Commission du Vieux Paris s’élèvent de façon véhémente :
« - contre l’ampleur et la radicalité des interventions prévues, liées à la mise en œuvre d’un programme beaucoup trop chargé, abritant des dizaines de chambres dotées de tous les accessoires du confort, tels qu’ascenseurs, climatisation et salles de bains en nombre égal à celui des chambres, aboutissant au sacrifice des distributions anciennes et de certains dispositifs architecturaux originels, entraînant le percement de trémies dans les planchers et de saignées dans toutes les maçonneries, au risque d’endommager les décors et les structures ;
« - contre la dépose de toutes les menuiseries extérieures (datant du XVIIe au XXe siècle) ;
« - contre la réalisation de vastes locaux techniques sous la cour et le jardin, en particulier d’un parking dont la sortie sur le quai d’Anjou affectera par sa porte et par le rehaussement du mur d’enceinte, le soubassement des immeubles du quai, site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO ».
Je soutiens cette protestation unanime sans réserve à l’instar des milliers de Parisiens et de citoyens médusés par tant d’incongruité et d’impudeur et prêts à se mobiliser pour empêcher cela.

Madame la Ministre, je vous ai rencontrée personnellement et à votre demande, alors que vous meniez campagne pour les élections municipales parisiennes. Je ne crois pas me tromper en affirmant que vous êtes de celles et de ceux qui nous soutiennent dans nos engagements et nos actions pour la préservation de ce patrimoine, si cher à tous les gens dont la raison et le cœur réservent une place, dans cet héritage inaltérable, à une part de leur identité …
Madame la Ministre, encore une fois, ne laissez pas disparaître ce joyau ! L’écrin dans lequel il est inscrit ne peut en aucun cas servir à abriter un vulgaire bâtiment réduit à un simple espace de confort et de gadgets éphémères. Et laissez au moins, comme le prévoit la législation, la commission supérieure des monuments historiques, et les experts reconnus qui la composent, donner leur avis librement et sereinement.

Nous comptons sur vous, prêts à vous rencontrer…

Avec tout notre respect.


Pierre HOUSIEAUX
Chevalier des Arts et Lettres
Chevalier des Palmes académiques

Vous nous alertez aujourd’hui sur l’avenir de l’hôtel Lambert de l’Ile Saint-Louis. J’avais déjà lu avec attention le reportage du journal Le Monde, mais aussi les Echos de ce jour.

Tandis que le Louvre s’exporte vers le Golfe, les bonnes familles du Golfe viennent à nous. C’est un peu troublant, bien que l’Orient et l’Occident se soient toujours nourris l’un de l’autre. Il faudrait en savoir plus sur le détail des aménagements prévus (ou consentis) par l’architecte. Sachant qu’un hôtel à défaut de pouvoir devenir musée doit être habité, et qu’il l’a été de diverses façons depuis plus de trois siècles ; sachant qu’il fut réhabilité par un prince polonais au 19e siècle après avoir été transformé en pensionnat sous la Révolution ; sachant qu’il fut découpé au 20e siècle en appartements de luxe, qu’il comporte déjà trois ascenseurs, douze salles de bain et une piscine ; sachant qu’il n’a jamais été ouvert au public et que nous n’en serons donc pas davantage privés ; sachant enfin que toutes les instances ad hoc sont mobilisées, je suis tenté par deux conclusions :
ajoutons certes notre voix à celles qui s’inquiètent et veulent savoir si des outrances iconoclastes risquent d’être commises ; mais relativisons d’autres outrances qui guettent, celles du débat politique qui semble s’organiser autour de cette affaire.

Cela dit, l’esthétique du confort milliardaire qui s’exprime dans la sphère pétrolière ou post-pétrolière semble en effet incompatible avec la grâce d’un hôtel parisien du 17e siècle, et plus encore avec la culture historique très pointue des défenseurs de notre patrimoine. Il y a de quoi frémir. La geste khadafienne de l’an passé à Paris, heureusement nomade, pourrait-elle se transposer dans la pierre et les lambris ? La démarche qatari serait-elle de même nature ? On peut croire que non, car le classement de l’immeuble et les contraintes que cela suppose sont constitutifs de la transaction, voire de la séduction qui a conduit à celle-ci. Au pire on peut faire le pari que l’Administration française, épaulée par l’opinion des milieux avertis, sera plus forte que la dette financière et diplomatique de la France à l’égard du Qatar. Affaire à suivre avec vigilance !
23/12/2008

On peut lire dans l'édition du Parisien d'aujourd'hui (page III du cahier central) un point intéressant sur la question. Comme je l'avais annoncé je viens de faire paraître sur L'Indépendant du 4e mon article consacré à propos de la polémique suscité par la restauration de cet Hôtel.

Vous avez été en fait le premier de nous deux à réagir. J'attends avec intérêt votre contribution à ce dossier exemplaire. Je vois avec bonheur que la population parisienne et singulièrement celle du Marais se mobilise très fortement sur tout ce qui touche au patrimoine. Nous avons sans doute un peu contribué à développer cette sensibilité et ce n'est pas la moindre de nos satisfactions.
Gérard Simonet

J'ai moi aussi été impressionné par cet article du journal Le Monde. Merci pour votre intérêt pour ce patrimoine, certes situé hors du Marais, mais qui participe de la même unité historique. Je compte bientôt moi écrire un article sur la question sur L'Indépendant du 4e. Vous m'avez devancé mais tant mieux. Bravo pour votre vigilance et votre réactivité.

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