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21 mars 2020

Commentaires

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Sans être réveillé de "mon sommeil dogmatique", une porte s’est entr'ouverte, à travers les 2 articles rédigés par Robert et Gérard Simonet, sur les questions éternelles que l’homme se pose depuis l’aube de l’humanité.

En effet, depuis Aristote et Platon, l'homme a toujours eu des dispositions naturelles à la métaphysique et à penser le suprasensible. Les mythes de toutes les nations regorgent de récits relatant la formation de l’univers, l'acte de naissance des Dieux. Depuis toujours, l'homme cherche à se représenter l'origine du monde, le sens de son existence et le destin qui sera le sien après sa mort.

Si il est possible de s'élever aux notions cosmologiques et théologiques, cela a conduit, cependant, à une pure errance métaphysique (et philosophique) sur les notions de Dieu, de l'immortalité, et à un champ de bataille sur les questions posées telles que : le monde a t'il un commencement, donc un créateur ou est il éternel donc incréé. En prétendant démontrer l'existence des anges, des fantômes, des prophéties ne risquant pas ainsi d'être démentis par l'expérience et ne prenant pas ainsi de risque à les énoncer, elle est tombée dans un total discrédit.

Et cette errance a continué "…à rechercher si l’Homme a été créé pour réaliser un projet divin ou si il est « un simple SDF cosmique » dans un Univers qui est « indifférent à son existence". Cette inquiétude digne des Pensées de Pascal, nous communique son obsession de la misère de l'homme sans Dieu flottant entre les deux infinis. Qu’est ce que l'homme dans l'infini. ?

Ainsi, à défaut de pouvoir répondre avec certitude sur la destination de l’homme, ce dernier se replie dans "la recherche du bonheur, aspiration universelle". Cela peut s'entendre en un idéal de l’imagination, et non de la raison, et comme un écho à la célèbre formule de Saint Just « Le bonheur est une idée neuve en Europe. Les notions de bonheur, de Dieu ou de la liberté, purs concepts, ne se retrouvent pas dans la réalité mais sont pour autant des questions qui intéressent tous individus.

Enfin, à rechercher une « finalité de l'univers constitutif du Principe Créateur" en voulant percer par la science les mystères de la nature, c’est de nouveau, faire référence à la téléologie qui est la prise en considération du principe de finalité susceptible d’engendrer notre connaissance du monde. C’est poser le principe que la nature ne procède jamais sans plan ni visée finale et de tenter de pénétrer son mécanisme secret. Telle a été l’objet de la Métaphysique d’Aristote à la recherche des causes premières et des principes premiers de l’univers et de la découverte du premier moteur immobile qui cause le mouvement de tout l’univers et qui relève « du divin ». La science présuppose donc la métaphysique.

« Donc, le premier ciel est éternel; donc, il existe aussi quelque chose, qui lui donne le mouvement. Mais, comme le mobile intermédiaire est mû et meut à son tour, il faut concevoir quelque chose qui meut sans être mû, quelque chose d'éternel, qui est substance et qui est acte. Or, voici comment il meut : c'est comme le désirable et l'intelligible, qui meut sans être mû.

Si donc Dieu jouit éternellement de ce suprême bonheur, que nous, nous ne goûtons qu'un moment, c'est une chose déjà bien admirable; mais, s'il y a plus que cela, c'est encore bien plus merveilleux. Or, il en est bien ainsi ; et la vie appartient certainement à Dieu, puisque l'acte de l'intelligence, c'est la vie même, et que l'intelligence n'est pas autre chose que l'acte. Ainsi, l'acte en soi est la vie de Dieu ; c'est la vie la plus haute qu'on puisse lui attribuer; c'est sa vie éternelle; et voilà comment nous pouvons affirmer que Dieu est l'être éternel et l'être parfait. Donc, la vie, avec une durée continue et éternelle, est son apanage; car Dieu est précisément ce que nous venons de dire. »(Chapitre VII Livre XII dans Métaphysique d’Aristote.) La scolastique fera de la métaphysique une théologie.

En conclusion, l’exigence humaine, essaie de concevoir des concepts toujours plus élevés, des supposés principes premiers ou un être créateur que nous ne pourront jamais savoir et connaître bien que ces questions ne sauraient disparaitre de notre pensée. C’est ainsi que Platon, pour qui le monde sensible n’est qu’une pâle imitation des Idées, l’âme doit s’élever d’un coup d’aile à la contemplation des idées pures dont elle a souvenance.

Je réponds ceci à mon frère Gérard et à ceux qui ont commenté son article :
Il suffit d’un petit virus pour que nous revenions aux questions éternelles que l’homme se pose depuis l’aube de l’humanité :
- Qu’est-ce que la vie ?
- Y a-t-il un Dieu, un Grand Architecte de l’Univers ?
Aucune réponse indiscutable n’ayant été donnée jusqu’aujourd’hui, nous pouvons continuer à faire toutes les hypothèses possibles et en débattre. Je vais donc apporter ma modeste contribution.
Sans pouvoir répondre à la première question, le vivant est pour moi caractérisé par la capacité de transformer l’énergie pour répondre à deux impératifs catégoriques, au sens Kantien du terme:
- Se maintenir en vie
- Se survivre
Les stratégies possibles pour répondre à ces impératifs sont infinies et ont donné naissance aux multiples formes de vie que nous connaissons et à d’autres que nous ne connaissons pas, depuis l’être unicellulaire jusqu’à l’homme, en passant par la vie végétale et animale.
L’Homme pense être la forme la plus aboutie de cette évolution et a le sentiment qu’il est le maître du monde. Le virus a le mérite de le faire réfléchir à la fragilité de ces certitudes.
L’Homo Sapiens devant les mystères de l’Univers se pose deux questions :
- Comment ça marche ?
- Pourquoi ?
La science tente de répondre à la première question. Ses progrès depuis deux siècles ont été plus rapides que ceux réalisés depuis l’aube de l’humanité.
La seconde, qu’il faudrait plutôt formuler par « Pour quoi ? », est du domaine de la spiritualité. Il est possible que seul l’Homme se pose cette question. Elle interroge sur la finalité de la vie, sur l’intention qui la justifie.
La réponse relève de la foi et non de la raison pure. Elle est en dehors, mais pas forcément au-delà, de la recherche scientifique et rationnelle.
Y-at-il une finalité à la vie ? L’Homme est-il créé pour réaliser un projet divin ?
Si tel est le cas, il nous reste un peu moins de 4 milliards d’année pour l’accomplir, avant que le soleil n’ait absorbé la terre dans son explosion avant de devenir une naine blanche. La vie étant apparue il y a 4 milliards d’années, nous sommes au milieu de la période d’existence de la vie sur terre.
Ou bien cette vision n’est-elle qu’une manifestation de l’orgueil de l’Homme qui refuse d’accepter son insignifiance dans un Univers qui est indifférent à son existence ?
Mais dans cette conception de Dieu, il me semble important de distinguer les rôles que nous Lui attribuons :
- Créateur
- Juge suprême, dictant sa loi morale
Si la première fonction n’est pas vraiment source de conflit meurtrier entre les croyants et les non croyants, il n’en est pas de même de la deuxième, source des pires guerres et atrocités que nous constatons encore de nos jours.
Peut-être un jour l’Homme comprendra-t-il enfin que la recherche du bonheur, aspiration universelle, passe par le bien vivre ensemble.
Robert Simonet

Bonsoir à Gerard et Claude,
je poursuis la réflexion si vous le permettez.Le principe créateur est en effet devenu pratiquement scientifique depuis la validation du "big bang"par les savants. Pour rappel Hubble découvre que les galaxies s éloignent et que l univers refroidit. Par conséquent en remontant dans le temps on extrapole une température vertigineuse, une contraction de la matière infinie et on peut calculer le moment initial : environ 14 milliard d années. Quant à la trace de ce boom initial on l'a retrouvé dans le fameux echo universel découvert par hasard dans les années 50 avec un récepteur Bell aux états unis.De plus les etudes concluent la plupart (confer les frères Bogdanof)en la precision infinie et quasi miraculeuse de la création. Ceci pour le cosmos et que Voltaire admet en parlant d'un horloger, architecte de l univers( ref Claude).
Quant aux êtres vivants comment peut-on concevoir une telle complexité en écartant d'office la thèse du hasard et de la nécessité suggérée par Jacques Monod.En effet comment soutenir que le hasard par exemple conçoive une voiture. Nécessairement elle est le produit d une intelligence humaine. A plus forte raison une main, un oeil,un oiseau une fleur est le résultat d une pensée infiniment supérieure qu' on ne peut attribuer à l homme mais uniquement à un "principe créateur superieur" comme le dit Gerard.
je suggère une réponse plus précise pour ce principe divin. Si il est nécessairement infiniment supérieur à l Homme qu'il a crée avec le cosmos, il serait surprenant qu Il ne cherche pas à entrer en communication avec ses créatures.Il faut alors comprendre la religion comme une main tendue du créateur pour nous faire entrer dans son plan de création. Personnellement je crois dans les Écritures Saintes dites "révélées" qui nous apportent ce que la science ne pourra jamais nous apporter car elle ne peut appréhender le monde Spirituel sans sortir de son domaine. Voilà ce qui peut apporter un peu de reflexion à nos temps de confinement. Bonne fin de Dimanche à chacun.

Réponse à Claude : Il y a une proximité avec Voltaire mais lui était moins impressionné que je ne le suis par l'importance des mystères dont nous avons pris conscience grâce au développement de la science : taille infinie de l'univers (des milliards de milliards d'étoiles et dix fois plus de matière noire invisible et inconnue) pour un nombre fini et discret d'éléments de l'hydrogène à l'uranium, mystère de la matière et des particules qui la composent avec des lois quantiques qui déroutent notre logique, et enfin mystère de la vie. Qu'est-ce que la vie ? Pourquoi sommes-nous incapables de la créer à partir d'éléments qui sont communs pourtant au vivant et aux règnes minéral/végétal, autrement que par les moyens dits "naturels" ? Ce sont ces mystères et une apparente finalité de l'univers qui sont constitutifs du "Principe Créateur".

Votre conclusion fait penser à Voltaire et son "Être Suprême"
Qu'en dites-vous ?

Je réponds à Paul Meillon dont j'apprécie le commentaire car il contribue à élever le sujet, que le Principe Créateur auquel je me réfère intègre les religions qu'il cite mais ne s'y limite pas. Il répond à toutes les démarches spirituelles et s'adresse à l'Humanité dans son ensemble.

C est le premier commentaire que je lis qui élève le débat vers Dieu. Devant ce fléau il nous faut prendre enfin conscience même tardivement de nos responsabilités et osons le dire de nos fautes à l egard du Décalogue commun aux religions juive chrétienne et musulmane.Pour ceux qui ne croient pas en Dieu il y a la notion du bien et du mal inscrit dans nos consciences.L homme est impuissant devant de tels événements,Pourtant nous avons déjà eu des avertissements : Lourdes,Fatima et plus récemment Garabandal Peut etre que le moment est venu de nous retourner vers Dieu misericordieux et tout puissant et invoquer sa pitié.

Il y a dans votre message de la douceur qui n'est pas de la résignation. Vous nous aidez à passer un cap difficile. Bravo et merci !

BRAVO pour cet article - espérons que nous sortons de cette crise plus conscients et plus responsables !! Portez-vous bien
Carmen

Oui! merci à G Simonet de continuer à entretenir le lien entre les habitants de notre quartier.

Un mal qui répand la terreur,
Mal que le ciel en sa fureur
Envoya pour punir les crimes de la terre
(...)
Ils n'en mouraient pas tous,
Mais tous étaient frappés...

Le "principe créateur" fait entendre sa voix chaque fois que les choses se dérèglent. Et certains auteurs "occultes" (comme les coups de pieds du même nom...) prétendent que depuis 2012 nous sommes entrés dans l'ère du Verseau, ce qui présage de grandes catastrophes. Elles ont déjà commencé !

Félicitations pour cet article et surtout pour le point de vue que je partage.
Serons nous plus respectueux de nos semblables et de l’environnement après cette crise virale?

Nous avions peut être besoin d’un signalement violent pour prendre la mesure de notre inconscience..
C’est triste; beaucoup de personnes vont perdre la vie.
Saluons le dévouement du corps médical et ceux qui sont présents pour les achats de première nécessité.

Mettons nous chaque soir aux fenêtres pour applaudir.

Certes! Comme vous l'écrivez, "Il est souhaitable (…) que sagement nous tirions les leçons du dérèglement de la planète (…) qui pourrait bien exprimer une réaction du Principe Créateur qui gouverne l'espace, la matière et la vie".
"Souhaitable" oui, mais "vraisemblable" ? J'en accepte l'augure. Mais je ne peux m'empêcher de me souvenir de la crise financière de 2008. On avait espéré, et même SARKOZY l'avait annoncé, que c'en était fini de la primauté de la finance inaugurée en 1980 avec l'ère Thatcher-Reagan. Or, il n'en a rien été.
A nouveau, Macron a annoncé : "Quand nous aurons gagné, ce ne sera pas un retour aux jours d'avant". Bis repetita?
J'aimerais pouvoir partager votre optimisme.
En tout cas, merci pour ce souhait si bien exprimé.
Pierre MERLIN

Ce que vous qualifiez de "Principe Créateur", n'est-ce pas ce que certains appellent Dieu avec toutes ses variantes mono et polythéiste ?

Bonjour,je me souviens maintenant de la tranquillité rue des Archives le soir quand au printemps les hirondelles enchantaient nos fins d après midi.
On pouvait entendre les pas des passants...
C était avant le Cox et l'open café avec leur terrasse suroccupee jusqu a 2 h du matin.

Joli papier et jolies réflexions que voilà.
Merci Président, cher Gérard Simonet, de continuer à tenir la barre comme vous le faites !
pb

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