Amelot bisseuil cour int et fronton
Blog powered by Typepad
Membre depuis 09/2006

« Oncle Picsou remercie les adhérents de l'association qui ont réglé leur cotisation et invite courtoisement les autres à le faire ! | Accueil | Rue du Grenier St Lazare (IIIe), la verrrue de l'hôtel Georgette enfin résorbée. La devanture élégante d'un nouvel hôtel-restaurant la remplace ! »

16 juin 2021

Commentaires

Flux Vous pouvez suivre cette conversation en vous abonnant au flux des commentaires de cette note.

Réponse d’Alain Bertaud à Pierre Merlin :
Pierre Merlin me reproche de prétendre que Carlos Moreno veut forcer les Parisiens à se limiter à un périmètre de 15 minutes de marche autour de leur domicile pour toutes leurs activités. Ce n’est pas du tout mon argument.
Ce que je reproche à Carlos Moreno c’est de prétendre faire une révolution urbaine, « un big bang de la proximité » pour utiliser ses propres termes, alors que visiblement rien ne va changer, car les changements qu’il préconise sont du domaine de l’économie, de la technologie des transports, et de la démographie et pas d’un retour à un âge d’or de transports à pied et à vélo.
Les données de l’APUR montrent que tous les Parisiens ont déjà des commerces couvrant tous leurs besoins quotidiens à bien moins de 15 minutes de marche de leur domicile, donc rien à changer de ce côté-là ! Mission accomplie sans avoir eu à « reconcevoir la ville ».
Le nombre d’école et leur emplacement dépend du rectorat et de la fertilité des Parisiennes. Si leur fertilité diminue, des écoles devront fermer, et donc la distance entre les logements et les écoles va augmenter ; si la fertilité, augmente, le rectorat créera de nouvelles écoles, la distance entre école et logement diminuera. Pas de « big bang » possible dans ce domaine.
Il y a plus d’emplois dans Paris que d’actifs résidents. Etant donné la densité déjà très haute d’emplois dans Paris et les contraintes des hauteurs dues au respect de l’héritage architectural, il est hautement improbable que de nombreux emplois nouveaux vont se créer dans Paris intra-muros. Les 88% des Parisiens et Parisiennes qui mettent plus de 15 minutes pour aller à leur travail continuerons à le faire. Toujours pas de big bang !
Si Carlos Moreno arrivait à convaincre un grand nombre de citoyens que le retour à un âge d’or urbain du transport à pied était possible, ces mêmes citoyens, voyant que rien ne change dans leurs trajets quotidiens, pourraient exiger que les pouvoirs publics utilisent des incitations ou une règlementation pour augmenter le nombre d’actifs qui pourraient avoir accès à leur emploi à moins de 15 minutes à pied. C’est un danger possible que j’évoque en citant Tocqueville. Je ne dis nulle part que cette intervention étatique est explicitement contenue dans les propos messianiques de Carlos Moreno.
La seule stratégie possible pour diminuer les temps de navettes quotidiennes est d’améliorer la vitesse des transports. La RATP et l’Île-de-France Mobilités (IdFM) s’y emploient avec beaucoup de compétence et avec des investissements importants. Mais leur objectif n’est pas de ramener les temps de trajet à 15 minutes à pied, mais simplement de diminuer les temps de parcours domicile travail de quelques minutes et d’éviter la fragmentation du marché du travail dans l’Ile de France. Le projet en cours de réalisation du Grand Paris Express qui ajoutera 200 km de ligne de métro automatiques ouvrira aux Parisiens et Franciliens un large choix d’emplois nouveaux.
Je suis convaincu que la réduction du temps de trajets domicile travail est un des défis les plus important de l’urbanisme des grandes métropoles. Prétendre atteindre ce but en remplaçant les transports motorisés par la marche ou le vélo, comme le préconise Moreno, est un leurre. Moreno peut faire des TED Talk à longueur de journées sur le sujet, cela ne va rien changer à la réalité de la vie quotidienne des habitants de Paris. En revanche, mieux gérer l’espace public, mieux intégrer les nouveaux modes de mobilités auraient des chances à long terme de diminuer le temps moyen des trajets, et de rendre les déplacements quotidiens plus confortables.


Voilà bien une polémique inutile!
Comme le cite Alain Bertaud, Carlos Moreno définit "la ville du quart d'heure" de la façon suivante :
"L'idée consiste à concevoir ou reconcevoir les villes pour qu'en 15 minutes, à pied ou en vélo,les citadins PUISSENT jouir de l'essentiel de ce qui constitue la vie urbaine: accéder à leur travail, à leur domicile, à l'alimentation, à la culture et aux loisirs".
Toute l'argumentation d'Alain Bertaud, dans le texte qu'il publie sous le sigle de l'"Institut libéral" (ce qui a le mérite d'afficher l'idéologie dont il se réclame) repose sur le fait qu'il feint de lire "DOIVENT" et non "PUISSENT". Personne, ni Carlos Moreno ni quiconque n'a prétendu que, dans une métropole comme Paris, chacun DOIVE se limiter à un périmètre d'un quart d'heure. Mais il ne fait aucun doute que la proximité des lieux de travail, de commerce, de loisirs et de culture à partir du domicile facilite la vie des citadins et constitue un objectif, certes inatteignable à 100 %, mais qu'il est souhaitable de chercher à approcher. C'était l'objectif clairement affirmé du Schéma d'aménagement et d'urbanisme de la région de Paris (dit "plan Delouvrier", 1965) que tout le monde encense aujourd'hui. Paul Delouvrier parlait de "rendre la LIBERTE DE CHOIX du domicile, du lieu de travail, des achats, des loisirs, des amis et des amours".
Les Parisiens (et tous les franciliens) manifestent chaque jour davantage ce souhait de liberté de choix et de proximité. La mobilité mécanisée (véhicules individuels motorisés, transports en commun), mesurée par le nombre de déplacements quotidiens par personne, après avoir considérablement augmenté au XXe siècle, diminue depuis le début du XXIe. Longtemps, l'intensité de cette mobilité a été considérée comme un marqueur d'urbanité. C'est l'inverse aujourd'hui.
Le plus difficile concerne l'emploi. Pour des raisons évidentes, il est impossible de faire coincider la carte des logements et celle des emplois, mais il est souhaitable de s'en approcher. Le succès récent du télétravail montre clairement que les citadins qui habitent loin de leur lieu de travail aspirent à supprimer ou au moins à réduire leurs temps passé dans les transports. L'amélioation de ces derniers en est un moyen, une ville concentrée et diversifiée en est un autre n'en déplaise à M. Bertaud.
Pierre MERLIN

Vérifiez votre commentaire

Aperçu de votre commentaire

Ceci est un essai. Votre commentaire n'a pas encore été déposé.

En cours...
Votre commentaire n'a pas été déposé. Type d'erreur:
Votre commentaire a été enregistré. Les commentaires sont modérés et ils n'apparaîtront pas tant que l'auteur ne les aura pas approuvés. Poster un autre commentaire

Le code de confirmation que vous avez saisi ne correspond pas. Merci de recommencer.

Pour poster votre commentaire l'étape finale consiste à saisir exactement les lettres et chiffres que vous voyez sur l'image ci-dessous. Ceci permet de lutter contre les spams automatisés.

Difficile à lire? Voir un autre code.

En cours...

Poster un commentaire

Les commentaires sont modérés. Ils n'apparaitront pas tant que l'auteur ne les aura pas approuvés.

Vos informations

(Le nom et l'adresse email sont obligatoires. L'adresse email ne sera pas affichée avec le commentaire.)