Avec cette photo, notre ami Quentin Divernois @QsB75 interpelle Emmanuel Grégoire, Premier adjoint à la mairie de Paris - et Maire de fait de Paris pendant la campagne présidentielle - en ces termes : "Bon, on les supprime quand ces horreurs-là ?". Il lance par la même occasion le hashtag #permisDeSaccager
Jean-François Rial, président de l'Office du tourisme de Paris, se fait l'écho d'une confidence d'Emmanuel Grégoire pour nous assurer sur Twitter qu'il est "prévu que cela disparaisse... Un peu de patience !"
On est tous patients mais outrés que des songe-creux aient pu à ce point et impunément défigurer Paris. Nous avons répondu sur Twitter, à l'adresse des Verts, qu'ils se sont décrédibilisés avec leurs bancs publics en bois de récupération et se sont attiré l'opprobre des amoureux de Paris avec des initiatives comme celle-là en direction de cultivateurs du dimanche.
Maison dite "Jacques Cœur", 40 rue des Archives (IVe) et ses tags d'altitude(Photos VlM)
Article du 28 février 2022
Cette maison a beau ne pas avoir été en vérité celle de Jacques Cœur, ministre des finances de Charles VII, mais plus vraisemblablement celle de son fils Geoffroy échanson du roi Louis XI (quand même !), elle date du XVIème siècle et porte plusieurs vestiges de son style renaissance, l'usage de la brique notamment et les fameuses fenêtres à meneaux. A noter que le portail monumental de style rocaille date lui du XVIIIème siècle. A tous ces titres, c'est le devoir de chacun de la respecter.
Un individu malfaisant s'est pourtant placé au-dessus de ces considérations. Son ambition dans la vie : taguer le bâtiment aussi haut qu'il le peut car il sait que les services de nettoiement de la Ville n'interviennent pas au-delà de quatre mètres ! En s'aidant des barreaux de protection des fenêtres il s'est hissé assez haut, comme un ouistiti, pour apposer sa signature affreuse sur la façade de ce monument historique.
L'incident a été signalé à l'application DansMaRuemais la Ville ne répond pas pour les raisons que nous venons d'évoquer.
Il en est de même pour le Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme, dont la façade sur rue porte un tag en hauteur au niveau du n° 75 de la rue du Temple (IIIe).
Nous connaissons les contraintes de la mairie. Mais dans une époque où on parle d'aller sur Mars, signer un avenant à un contrat ou se procurer une échelle voire une nacelle n'a rien d'une prouesse. Il y a une certitude : on ne peut pas laisser les choses en l'état car les monte-en-l'air vont se ruer sur cette manière de défier la Ville et ses habitants.
Nous adressons une demande en ce sens à la Maire-adjointe à la propreté Colombe Brossel qui ne doit pas s'arrêter en chemin sur la voie qu'elle a choisie et qui porte ses fruits : éradiquer ce phénomène odieux des tags qui défigurent Paris et en font une ville négligée et anxiogène.
GS
Réponse le 9 mars de Colombe Brossel, Maire adjointe de Paris en charge de la propreté à l'Hôtel de Ville :
Cher M. Simonet,
Merci pour votre vigilance. J’ai saisi les services pour qu’une intervention anti-graffitis, dérogatoire à la règle des 4 mètres du périmètre d’intervention municipale, puisse avoir lieu sur ces deux adresses ; elle nécessite des moyens plus importants (nacelles/ grues).
Je ne manquerai pas de vous tenir informé de l’intervention.
A l'initiative de l'association France Nature Environnement
Communiqué de presse
Non à la "Tour Triangle" en réunion publique
ce mercredi 9 mars 19h00 Mairie du 15e
Nous invitons tous les Parisiens, Franciliens, amoureux de Paris à venir exprimer publiquement leur désaccord et rejet de la Tour Triangle lors de la réunion publique du mercredi 9 mars 2022 à 19h Mairie du 15e.
Il est encore temps d’abandonner le projet Tour Triangle.
Il est encore temps d'empêcher le désastre écologique de cette tour pharaonique et son cortège de pertes financières pour la collectivité.
La majorité du Conseil de Paris, éxecutif compris, a voté contre ce projet à la séance du 18 novembre, c'est dire combien cette tour est devenue indésirable, malgré le greenwashing forcené d'Unibail et AXA, dont l'apport financier de dernière minute a permis le lancement du chantier.
Le quartier de la Porte de Versailles est déjà massivement doté en bureaux, les transports en commun y sont saturés. Cette construction d’un monstre de béton, acier et verre avec une efficacité énergétique 5 à 10 fois inférieure à des bureaux basse consommation, est en totale contradiction avec le Plan Climat de la Ville de Paris de 2020. Ces travaux énormes vont durer au moins 4 ans, jusqu’à 100 camions circuleront par jour dans ce quartier régulièrement congestionné. Les arguments de notre pétition restent valables.
Nous avons de forts espoirs concernant les actions en justice en cours. Elles mettent en évidence des dysfonctionnements majeurs lors des prises de décisions. Notre plainte pour octroi d'avantage injustifié pour le bail à construction et la plainte pour délit de favoritisme concernant l'octroi de la concession et le cadeau des 263 millions à Unibail soulèvent une succession de passe-droits.De nouvelles pistes juridiques prometteuses s'ouvrent aussi parallélement au civil et au tribunal administratif.
Les arguments de notre pétition restent valables.
Soyons nombreux pour dire Non à la Tour Triangle en réunion publique ce mercredi 9 mars 19h Mairie du 15e!
Rappelons les termes de notre pétition "Non à la Tour Triangle" :
Paris le 8 mars 2022
Ce projet de tour – une serre géante de 43 étages, 95.000m², dont 70.000m² de bureaux en blanc, sur une parcelle de 7.600m² prise sur le foncier du parc des expositions porte de Versailles – abriterait notamment un centre culturel, un bar et un restaurant panoramiques, un belvédère, un centre de santé et un hôtel de 120 chambres. Le coût du projet oscille autour de 700 millions d’euros.
Unibail et AXA ont choisi le jour du lancement de la COP26 pour annoncer le lancement du chantier Tour Triangle !
Paris n’a pas besoin de cette tour Triangle contestée depuis l’origine :
– par les Conseillers de Paris (un premier vote avait rejeté le projet)
– par les Parisiens et associations mobilisés depuis l’origine (2011)
– par les élus du 15ᵉ arrondissement
– par de nombreux recours et actions en justice
– par le rapport 2020 de la Chambre Régionale des Comptes d'Ile-de-France
Paris n’a pas besoin de cette tour qui est avant tout un placement financier qui ne tient pas compte des besoins des habitants de Paris et de sa banlieue.
Paris, avec 1,5 millions de m2 de bureaux vides, n’a pas besoin de nouveaux bureaux,
et surtout pas dans ce secteur du 15ᵉ regorgeant de bureaux et aux transports en commun saturés.
Paris se dote d’un Plan Local d’Urbanisme bioclimatique. Qu’il respecte dès aujourd’hui ses Plan Climat et Plan de Déplacements Urbains.
Les tours ne seront jamais des constructions écologiques et celle-ci, de verre et d’acier, présente des risques de réfléchissement et d’aggravation des effets d’îlot de chaleur dont les conséquences ne sont pas évaluées.
Paris n’est ni New-York ni La Défense, et met en danger son classement au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Le monde entier ne vient pas à Paris pour voir les prouesses architecturales d’une compétition internationale sur les immeubles de très grande hauteur, mais pour admirer la subtile harmonie et la beauté d’une ville horizontale, forgée par des siècles et protégée au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Ce projet était déjà aberrant et obsolète en 2008. Il est scandaleux en 2021/2022.
Nous demandons le retrait du projet de la tour Triangle.
Place de la République, un week-end ordinaire... (Photo VlM/PG)
La mobilisation des riverains du Nord Marais commence à porter ses fruits.
Grâce à une pétition qui réunit déjà 500 signatures et aux trois articles de Philippe Baverel du Parisien, consacrés aux nuisances sonores dans le quartier République, le Préfet de Police a pris les 17 février 2022 un important arrêté qui limite le week-end à 81 décibels le son provenant des très (trop ?) nombreux rassemblements sonorisés sur la place de la République.
Les riverains du Nord Marais se réjouissent de cette avancée après deux ans de mobilisation contre l’excès de rassemblements très bruyants (100 décibels en moyenne le week-end) : près de 1 000 rassemblements bruyants en 2021 ont été recensés sur la place par l’association « Vivre République ! »
Ils déplorent toutefois, qu’à ce jour, cet arrêté n’ait pas été appliqué : malgré une présence policière sur la place depuis deux week-ends, les groupes qui se rassemblent habituellement sur la place n’ont pas été contrôlés. Les riverains réclament une application stricte de l’arrêté avec des contrôles effectifs chaque week-end.
L’association « Vivre République ! » pointe également la responsabilité de la mairie de Paris qui est le gestionnaire de l’espace public ; elle a donc la faculté d’organiser le week-end des évènements d’intérêt général et non bruyants qui puissent rendre notre quartier paisible et agréable.
Quelle ne fut pas la surprise des riverains dimanche 27 février à 14h00 de découvrir l’arrivée du Carnaval Antillais qui a généré pendant six heures des bruits de l’ordre de 115 décibels (un avion au décollage !)
Les riverains acceptent de telles manifestations si elles sont ponctuelles mais en contrepartie, ils réclament depuis 2 ans l’organisation le week-end par la mairie d’événements d’intérêt général et non bruyants (expositions culturelles, marchés, brocantes, animations ludiques et sportives pour les enfants…).
Une rencontre est prévue avec la mairie de Paris-centre et la Préfecture fin mars. Nous espérons qu’elle permettra la prise en compte des demandes légitimes des milliers d’usagers du quartier de la place de la République .
Nous demandons encore un effort au Préfet de police et à la Maire de Paris pour que la place de la République soit rendue paisible et agréable à ses riverains et aux promeneurs.
Vous invite à une nouvelle visite en mémoire de l’Histoire
A L’OCCASION DU 450E ANNIVERSAIRE DU MASSACRE DE LA
SAINT-BARTHÉLEMY
LE PARIS DES PROTESTANTS
Vendredi 18 mars (durée environ 1h30)
Rendez-vous à 14h15 à la sortie principale du métro Saint Germain des Prés
Le massacre de la Saint-Barthélemy est le massacre de 3 000 Protestants, déclenché à Paris, le 24 août 1572, jour de la saint Barthélemy.
L’évocation de ce tragique événement permettra, à notre guide Sylvain Solustri, en déambulant d’une rive à l’autre, d’appréhender ce phénomène religieux et l’intolérance qui suivit son introduction en France, mais aussi les rites et les traditions liés à cette communauté souvent méconnue. Nous évoquerons les grands personnages liés à la Réforme (Bernard Palissy, Ambroise Paré, l’amiral de Coligny…) et les lieux qu’ils fréquentèrent, du quartier Saint-Germain-des-Prés, foyer culturel du protestantisme, au quartier de “ La petite Genève ”, fief des Protestants du temps de Jean Calvin, où la maison qui abrita le premier baptême protestant est encore bien visible.
Nous évoquerons les premiers martyrs du protestantisme que furent les imprimeurs accusés d’imprimer et d’éditer des livres entachés d’hérésie. Notre périple nous conduira jusqu’à l'église Saint-Germain-l'Auxerrois, où les cloches donnèrent le signal du massacre, en passant par le Louvre où nous ferons revivre Henri IV, la reine Margot et les autres protagonistes, pour finir sur le temple de l'Oratoire.
Merci de prévoir une participation de 20 € pour les adhérents de Culture et Patrimoine et de 25 € pour les non adhérents et de prévenir de votre venue et du nombre de personnes qui vous accompagneront Marie-Françoise Masfety-Klein par mail [email protected] ou par téléphone (voir ci-dessous).
Anna Maria Mozart, mère de Wolfgang Amadeus (1720 - 1778)
La mère de Mozart, Maria Anna née Pertl, est morte à Paris en 1778 âgée de 58 ans.
Tandis que le prénom de son fils Wolfgang Amadeus est universellement connu mais aussi celui de son époux Léopold et de sa fille Nannerl, rares sont ceux aujourd'hui qui ont retenu le nom de la mère et connaissent la place qu'elle a occupée dans la vie et la carrière de son fils.
Wolfgang Amadeus, né en 1756, était son 7ème enfant mais le 2ème seulement à survivre, après Nannerl de 5 ans son ainée. Leur père Léopold s'aperçut rapidement de l'incroyable talent juvénile des deux enfants et décida d'en tirer profit. Wolfgang n'avait que 6 ans quand le père entreprit une tournée en famille à Passau, Linz et Vienne où les petits Mozart impressionnèrent la famille impériale à Schönbrunn.
Mozart tomba malade et sa mère prit soin de lui tandis que le père gérait les affaires. L'enfant guérit et un an après la famille repartait en tournée pour trois ans et demi, dans pas moins de 88 villes. Anna Maria continua à jouer ce rôle protecteur auprès de ses enfants en agissant discrètement aux côtés d'un mari ombrageux autant préoccupé par le lucre (il fallait bien survivre à l'époque...) que par le bien-être et le bonheur de ses proches.
La famille arrive à Paris en novembre 1763. Anna-Maria, une fois encore est dans la discrétion. Une gravure de l'époque montre "la famille Mozart"... sans elle !
La famille Mozart : Léopold, Nannerl et Wolfgang
Tous les quatre sont logés avec le comte Van Eyck de Bavière dans l'Hôtel de Beauvais, 68 rue François Miron - Marais (IVe), chef d’œuvre architectural du XVIIème siècle, siège actuel de la Cour d'appel administrative. Mozart et Nannerl donnent un spectacle à la cour de Louis XV devant le roi et la reine Marie Leszczynska, fille du roi de Pologne, qui dit-on fut si séduite par Wolfgang qu'elle le prit tendrement sur ses genoux royaux !
Hôtel de Beauvais
Wolfgang et sa sœur quittèrent Paris assistés de leurs parents pour Londres puis La Haye en 1765, où Nannerl tomba gravement malade au point de recevoir l'extrême onction. Son père et sa mère se relayèrent à son chevet jusqu'à ce que Wolfgang soit frappé à son tour et frôle la mort. Les biographes pensent qu'ils furent victimes de la fièvre typhoïde. En janvier 1766 tous deux étaient rétablis prêts à reprendre leurs récitals.
Il est possible qu'Anna Maria ait connu elle aussi des épisodes de maladie. Léopold n'en a jamais fait état dans ses lettres, montrant par là-même qu'il se souciait modérément du sort de son épouse.
La famille revient à Paris en mai 1766 et séjourne deux mois en France, Suisse et Allemagne. Ils rentrent chez eux à Salzburg et leur entourage constate que le petit Mozart, alors âgé de 10 ans, a peu poussé. Il est vraisemblable qu'il ait payé un lourd tribut aux voyages imposés et à la maladie.
Ils repartent néanmoins pour Paris cette année-là et effectuent des tournées en France pendant 2 mois. Un concert les attendait à Vienne mais il fut annulé par la mort de l'empereur Franz. Il y eut ensuite une épidémie de variole qui toucha la famille royale mais également les Mozart et quand finalement le concert eut lieu devant la cour endeuillée, l'impératrice Marie-Thérèse (mère de Marie-Antoinette, qui fut reine de France) et Anna Maria Mozart se tenaient la main et parlaient de leurs enfants.
En 1772, Mozart âgé de 16 ans rompt avec la tutelle du père que sa carrière retient désormais à Salzburg. Il avait besoin néanmoins d'une aide logistique dans ses déplacements nombreux en Europe. C'est sa mère qui humblement la lui fournit.
Rue de Bourg l'Abbé : l'immeuble des "Bains Douches" (Photo VlM)
On les retrouve à Paris en 1778 où ils logent rue du Bourg-l'Abbé (IIIe) dans un appartement lugubre attenant à l’échoppe d'un fripier. Mozart est triste. Sa conquête féminine, la soprano Aloysa Weber (sœur de Constance qui devint ultérieurement sa femme) rompt avec lui. Sa mère et lui n'aiment ni la langue française, qu'ils ne parlent pas, ni la cuisine, ni les mentalités. Vivre à Paris est pour eux un combat.
Ils changent d'adresse pour s'installer 8 rue du Sentier (IIe). L'appartement est baptisé "Maison Mozart" comme en témoigne une plaque sur la façade. Ils connaissent de meilleurs jours dans ce quartier avec le printemps qui arrive. Anna Maria s'intéresse à la mode, Wolfgang a quelques élèves et s'offre même le luxe de refuser un poste d'organiste
Hélas, en juin 1778 Anna Maria tombe malade. On la saigne. Sa maladie empire. Le 30 on lui administre les Saints Sacrements et elle meurt le 3 juillet victime probablement de fièvres typhoïdes dues à la pollution d'une eau que les parisiens, prudents, se gardaient bien de consommer.
La belle église de St Eustache (1er) (Photo VlM)
Dès le 4 juillet, elle fut enterrée à St Eustache qui possédait à l'époque son cimetière. Une plaque commémorative est apposée sur les murs de l'église.
La famille Mozart était complexe. Ils étaient proches mais souvent aux antipodes. Léopold fut tellement strict et exigeant avec son fils qu'il ne lui permit pas de s'installer dans une situation stable. Il fut également trop distant de son épouse et peu reconnaissant qu'elle ait assuré le soin et le bien-être de ses enfants dans les épreuves physiques et morales qu'ils durent traverser.
Source : Parisian Fields | February 27, 2022. Traduction et édition Gérard Simonet
John Suchet, Mozart: The Man Revealed (New York, Pegasus Books, 2017), p. 31.
Stanley Sadie, Mozart: The Early Years, 1756-1781 (New York: Norton, 2006), p. 459.
Roye E. Wates, Mozart: An Introduction to the Music, the Man, and the Myths (Milwaukee: Amadeus Press, 2010), p. 107.
Text by Philippa Campsie, postcard from our collection, other images from Wikimedia and Google Street View.
Niché dans le IVe entre la rue de l'Hôtel de Ville et le quai du même nom, au pied des degrés de la rue des Barres et du chevet de l'église St Gervais-St Protais, c'est un endroit qui cumule les charmes du site, de sa terrasse avec pergola, de la vue unique à l'étage sur la Seine et les Îles St Louis et de la Cité.
On peut ajouter : la chaleur du patron et sa gouaille sympathique et conviviale et un escalier ancien en colimaçon de belle facture (photo) qui est la signature de cet établissement.
Gilles et Alain (photo) Girousse en sont les propriétaires depuis 1991 mais l'esprit des années 1900 est toujours là pour en faire un lieu authentique qu'Alain qualifie de "sans tambour ni trompette". Lui pourtant affiche sur son poitrail une bardée d'insignes qui ont trait à l'aviation. Souvenir ému semble-t-il d'une rencontre avec une hôtesse de l'air....
Un repas à l'étage est un grand moment, pas forcément pour la carte mais pour cette intimité avec la Seine, les Îles et les ponts, patrimoine de l'humanité qu'on peut savourer avec la sensation d'être "comme chez soi"...
Bouquinistes de la Seine, quai de l'Hôtel de Ville (IVe) (Photo VlM)
La mairie de Paris lançait il y a quelques mois un appel à candidature pour remplacer 18 bouquinistes des quais de Seine partants. Nous avons été nombreux à nous inquiéter du risque que peu de candidats se manifestent. Cette activité, autant culturelle qu'économique et touristique, symbole de Paris, les parisiens y tiennent comme à la prunelle de leurs yeux mais ils doutent de son attractivité auprès des personnes en recherche d'emploi. Des yeux qui sont pourtant ceux de Chimène à l'égard de ces gens marginaux et attachants qui ne sont pas des marchands mais des hommes (les femmes sont rares chez eux) qui ont l'air de prendre plaisir à ce qu'ils font.
Nos craintes semblent déjouées car le comité de sélection des candidatures a reçu pas moins de 71 demandes ! Il se réunira le 11 mars 2022 pour les examiner et décider de l'attribution des permis.
La mairie de Paris nous adresse un très beau dossier sur nos bouquinistes. Nous en recommandons la lecture. Il retrace leur histoire, qui colle à l'histoire de Paris.
Nous profitons par ailleurs de l'événement pour insister sur la nécessité de responsabiliser les bouquinistes sur l'état de leurs coffres. Nous avons connu une époque où ces composants très particuliers du mobilier urbain étaient atrocement défigurés par les tags. Notre intervention auprès de François Dagnaud, Maire-adjoint à la propreté à l'Hôtel de Ville, avait été couronnée de succès puisque depuis dix ans maintenant des modalités d'entretien impliquant la Ville et les bouquinistes, sont en place et le résultat s'en ressent. Il ne faut surtout pas baisser la garde !
Mur-pignon régulièrement victime des tagueurs et des afficheurs illicites, vandalisé à son tour - 57 bis rue des Archives (IIIe)
Ces affiches, sauvages, en mode placard, dénoncent l'exploitation des jeunes par les industriels du tabac. Elles proposent un QR code qui donne accès à une pétition. Une pétition contre le tabagisme ? On est tenté d'applaudir. Faut-il s'en réjouir pour autant ? La personne qui a lacéré ces affiches en tout cas ne semble pas vraiment le penser. A moins que son exécration de l'affichage sous toutes ses formes soit plus fort que son désir de protéger les jeunes contre les méfaits de la cigarette....
La démarche est-elle sincère ? On sait que les pétitions sur Internet ont du succès. Si la cause est populaire, de sont des milliers voire des dizaines de milliers de personnes qui s'inscrivent pour gonfler la pétition. Cette population n'est-elle pas une cible facile pour les organisateurs de la démarche et les administrateurs du site ? On sait qu'ils sont généralement portés à réclamer une obole de plusieurs euros par signature, qui va dans leur poche !
Nous ignorons évidemment si cette annonce a ou non un but humanitaire. Mais il nous semble que la lutte contre le tabagisme est l'affaire de l’État et cette campagne ne semble pas porter le sceau d'un organisme institutionnel.
Nous aimerions savoir si vous craignez comme nous qu'il s'agisse d'une nouvelle arnaque à la générosité !
Le spectacle que les riverains de la rue Quincampoix, dans son tronçon du IVe, ont découvert un matin de février est affligeant. Un paysage dévasté et un véritable massacre dont l'auteur affiche clairement les motivations : "Putain, je l'ai bien taguée cette rue Quincampoix !" Les services de DansMaRue sont intervenus le 21 février. Ils ont passé trois heures à nettoyer sans pour autant rendre aux supports souillés, murs de pierre, vieilles portes en bois, devantures, leur véritable état initial.
Un commerçant de la rue, Maquis-Art au n°42, a échappé au saccage : marchand de bombes de peinture aérosols utilisées par les tagueurs, il bénéficie d'une sorte de solidarité professionnelle. Il peut même espérer que le tagueur vienne chez lui se réapprovisionner ! On se demande ce qu'en pense la mairie dans son for intérieur quand elle répare les dégâts à grands frais, sous son regard amusé !
Portail XVIIIème en bois. Il portera les stigmates de sa souillure après nettoyage s'il n'est pas soumis à un restauration profonde et coûteuse
"Putain, je l'ai bien taguée cette rue Quincampoix !"
Le portail et la porte après nettoyage. Les stigmates des souillures attestent de la gravité des dégâts.
Il est important plus que jamais que Colombe Brossel, Maire-adjointe en charge de la propreté à l'Hôtel de Ville aboutisse dans sa démarche de sensibilisation du Parquet pour que les auteurs de ces dégradations soient déférés devant la justice. Ils encourent de graves sanctions, prévues par la loi : "S'il n'en résulte que des dommages légers, la peine maximale est une amende de 3.750 € et un travail d'intérêt général. ... En cas de dommage important, un tag ou un graffiti est puni jusqu'à 2 ans d'emprisonnement et 30.000 € d'amende".
Rue Quincampoix, le tagueur dont la signature est aisée à reconnaitre, a pris un risque sérieux d'être poursuivi, pour une satisfaction qu'on a beaucoup de mal à comprendre...