Rédigé à 08:58 dans Actualité, Cadre de Vie, Environnement, Parcs & jardins, Société, Sécurité | Lien permanent | Commentaires (3)
Prunus et lilas en fleurs sur fond de ciel bleu dans le Jardin Anne Franck (IIIe) (photo VlM)
Le printemps est vraiment arrivé, le jour se lève plus tôt et malgré des matins encore bien frais, les journées sont plus agréables et plus clémentes.
La végétation explose en ce début d'avril, les fleurs et les jeunes feuilles des arbres donnent de belles couleurs aux espaces verts où se pressent non seulement parents et enfants mais aussi oiseaux et insectes qui naissent ou sortent de leur hibernation.
Ainsi les prunus et les lilas en fleurs du Jardin Anne Franck au fond de l'impasse Berthaud, à l'arrière de l'Hôtel de Saint-Aignan (IIIe), semblent équipés de moteurs, tant les abeilles butinent en nombre les milliers de fleurs roses et blanches qui emplissent nos yeux.
Un moment du cycle de vie de la nature à ne pas manquer !
Rappelons nous cette citation anonyme si vraie :
"L'automne est une mutation, l'hiver une lutte, le printemps un épanouissement."
Note à nos lecteurs
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Rédigé à 15:19 dans Cadre de Vie, Environnement, Parcs & jardins | Lien permanent | Commentaires (0)
C'est le 2 avril 2017 que ce nouveau parc sera inauguré. A l'à-plomb de l'Hôtel de Ville on découvre cette construction étrange en forme de carène de bateau renversée : un terrain de mini-foot sous une résille à grosses mailles
"Nous avons souhaité que seuls des projets à très haut niveau de responsabilité environnementale et sociale soient sélectionnés pour s’installer dans ce lieu emblématique".
Ainsi s'exprime la Ville de Paris pour présenter l'aménagement du parc. L'examen des attractions et appareils qui sont nombreux le long d'un parcours de 4,5 kilomètres rive droite nous convainc qu'il y a bien eu une réflexion derrière chacun des choix : nature de l'activité, sélection des matériaux, impact social....
Il ne fait aucun doute que l'animation, la bousculade même pendant les week-ends, seront au rendez-vous. Une réflexion toutefois semble avoir manqué dans l'élaboration du cahier des charges : l'impact esthétique, sur un site où l'harmonie s'impose comme la plus haute des exigences.
De notre point de vue, il y a eu manifestement une volonté "d'entasser" les attractions. Elles se suivent à la queue leu leu sur une bonne portion des berges qu'elles encombrent visuellement. Elles utilisent certes des matériaux à l'étiquette écolo mais le décor qui en résulte est artificiel et n'évoque la nature que de loin. Il y a aussi cette "salle de foot" dont on se serait bien passé, et le gros filet de pêche qui la tapisse, qui masquent la vue prestigieuse sur l'Hôtel de Ville
En résumé, ces aménagements donnent à la berge un air apprêté qui nous éloigne du paysage naturel d'un bord de rivière. Le modèle doit un peu trop à Disneyland et pas assez aux bords de Marne. Dommage, car en dépit des critiques que nous formulons et en dehors de toute polémique sur les reports de trafic et le déplacement de la pollution, le résultat est promis à un succès planétaire.
GS
La berge rive droite (IVe) entre le pont Marie et le pont Louis-Philippe, samedi 25 mars à 16h00 (Photos VlM)
On comprend devant ce spectacle que l'UNESCO ait inscrit les berges de la Seine au patrimoine mondial de l'humanité. Le trajet qui va du pont des Arts au pont de Sully en passant successivement sous le Pont-Neuf puis les ponts au Change, Notre-Dame, d'Arcole, Louis-Philippe et Marie est un ravissement. Le Palais de Justice et la Conciergerie, puis l'Hôtel-Dieu et l'Île Saint-Louis avec ses immeubles-hôtels particuliers du bord de Seine fournissent au parcours un décor de rêve.
Depuis la fermeture des berges à la circulation automobile, la mairie de Paris a procédé à une série d'aménagements destinés aux visiteurs : buvettes, toilettes publiques, tables et bancs, terrains de pétanque, mur de varappe, agrès, hamacs et parcours aventures, sans oublier les pelouses pour les amateurs de farniente. On devine même sous des bâches, des sortes de vélos d'appartement qui attendent leur mise en service.
Les adeptes des circulations douces ont pris possession de l'espace protégé qui leur est offert : vélos, VTTs, rollers, trottinettes, gyropodes et skateboards slaloment au milieu des piétons, dangereusement parfois.
Il y deux semaines à peine cette berge était presque déserte. C'était un délice de s'y attarder. Passé l'équinoxe, avec l'arrivée du beau temps et des rayons de soleil, la foule s'y est ruée en masse comme le montre cette photo au pont Louis-Philippe. Elle préfigure ce que sera la situation en mai-juin-juillet et au-delà pour peu que le temps s'y prête.
Les pelouses, déjà très recherchées, pourraient subir le sort des plages de la Côte d'Azur avec des candidats à la bronzette au coude à coude sur l'espace d'un timbre-poste.
On ne dispose d'aucun moyen de limiter la foule. Il faut donc s'attendre, du fait de l'attractivité du site, à une fréquentation massive. Il faut souhaiter que la municipalité y ait songé et anticipé les problèmes de sécurité et de propreté. A ce stade, le dispositif déployé est sérieux. Les corbeilles sont nombreuses et de multiples engins de nettoiement sont présents pour intervenir en temps réel. Qu'en sera-t-il quand leur déplacement au milieu de la foule sera contrarié ?
Il n'est pas l'heure encore de dresser des bilans. L'initiative de la Maire de Paris est généreuse, courageuse et inspirée. Les berges se présentent comme un lieu de promenade idyllique qui en enchantera plus d'un. En tant que riverain, il est possible de choisir le jour et l'heure. Il est probable que les matins de semaine nous réservent même en été, même les week-ends, des moments de tranquillité pour jouir pleinement du cadre exceptionnel qui s'offre à nous.
A deux pas de là, sur les quais rive haute, on paie encore le prix du report de trafic qui accompagne la fermeture des voies basses, comme le souligne un rapport "d'Environnement Magazine" qui se base sur des constatations de BruitParif. Christophe Najdovski, Maire-Adjoint en charge des déplacements et de la voirie à l'Hôtel de Ville mise sur une évolution, lente mais probable, des comportements et la création de transports en communs supplémentaires comme le "tram-bus" sur les quais rive droite, dont le lancement est prévu dès l'an prochain.
Tram-bus : un bus électrique articulé qui circule sur voies protégées (Photo l'Economist)
Il reste que les berges sont un pari auquel on veut croire mais des raisons objectives basées sur des nuisances prévisibles nous conduisent pour le moment à en douter. Il plane sur ce lieu paradisiaque l'ombre du canal St Martin et du secteur Oberkampf. Tout va dépendre de l'orientation donnée à ce nouveau "Parc des Rives de Seine", de son exploitation marchande et, naturellement, des moyens de supervision, de contrôle et d'intervention que la mairie, avec l'aide de sa nouvelle direction "anti-incivilités" (DPSP), sera désireuse et capable de mettre en œuvre. Rendez-vous pour un bilan à la fin de l'été.
Gérard Simonet
Jardin potager sur le toit de l'Hôtel de Ville de Paris
En novembre, dans le cadre du projet d’agriculture urbaine, un potager était installé sur le toit de la Mairie de Paris 4 rue de Lobau (IVe). Basilic, fraises, framboises, menthe, sauge, thym et autres plantes et ruches ont ainsi rejoint 300 pieds de vigne (voir notre article du 19 octobre 2016).
Au même moment un projet de potager et houblonnière était annoncé sur les toits de l’Opéra Bastille, alors que sa « grande sœur », l’Opéra Garnier, a acquis depuis quelques temps déjà une certaine renommée pour ses ruchers comme ceux du Crédit Municipal rue des Francs Bourgeois (notre article du 08 novembre 2012) ou sur le toit de la mairie du IVe (notre article du 13 janvier 2017).
Le Bulletin municipal officiel de la Ville de Paris (BMO) du 17 mars, dans la liste des permis de construire déposés, mentionne la demande émanant de la Direction du patrimoine et de l’architecture de la Ville de Paris d’installation d’un potager urbain sur le toit–terrasse du bâtiment situé au carrefour des rues Gabriel Vicaire (N° 4-6) Eugène Spüler (N° 5) et Dupetit-Thouars (N° 11) , juste derrière le Square du Temple (IIIe).
Cette nouvelle tendance de l’agriculture citadine a été saluée par le journal « Les Échos » qui titrait dans son édition du 29 avril 2016, « Salades sur le toit, tomates en pied d’immeubles, radis sur le balcon… », et rappelait que les entreprises avec les « Corporate gardens », les administrations, les restaurants, les grands magasins (le BHV par exemple) succombaient eux aussi à cette tendance. Une sorte de prolongement naturel au développement des jardins partagés dont la mode nous est venue de New York et à l’origine de la charte « Main Verte » fixant le cahier des charges de ces nouveaux espaces cultivés.
Le projet d'aménagement d'un potager sur le toit du BHV-Marais
Au–delà du côté plaisant et écologique de ce mouvement, ne négligeons pas les problèmes que sous-tend l’installation d’un toit-potager ou jardin, sur une terrasse. Il nécessite en effet des investissements coûteux surtout si le toit n’a pas été construit pour supporter le poids élevé de la terre, sans oublier la question de l’étanchéité et de l’accès sécurisé pour les personnes qui s’y rendront. Il est d’ailleurs recommandé désormais que les nouvelles constructions intègrent cette évolution dans l’utilisation des toits.
« Produire, consommer et recycler sur place » est devenu un écosystème comme le seront peut-être demain les « micro fermes urbaines ». Sur les toits, il faut le souligner, les plantes, à la différence de celles poussant dans les sols urbains pollués, dégradent et utilisent le dioxyde d’azote et l’ozone pendant que les particules de carbone partent avec la pluie. On ne peut cependant pas parler de récoltes « Bio », car ce label impose de « cultiver en pleine terre… »
Terminons ces explications en insistant sur le fait que si nous sommes favorables à l’aménagement de potagers sur les toits, nous restons contre l’aménagement des toits en terrasses-bars à ciel ouvert qui sont source de nuisances sonores allant jusqu’à « pourrir » toute la vie d’un quartier.
Dominique Feutry
Rédigé à 17:24 dans Cadre de Vie, Environnement, Parcs & jardins, Société, Urbanisme, PSMV | Lien permanent | Commentaires (3)
La population de rats à Paris est estimée à 4 millions
Alors que Paris a engagé une guerre contre l'invasion des rats, plusieurs squares de notre quartier sont d’ailleurs fermés pour cette raison, les agents en charge de la dératisation de la ville viennent d'observer une journée de grève malgré une enveloppe supplémentaire d'1,5 million d'euros allouée à la dératisation comme l'a annoncé récemment la Maire de Paris (voir notre article du 14 mars 2017).
Les 50 agents du service « Faune et actions de salubrité » qui ont manifesté devant la mairie ont fait notamment état d'un manque de moyens en rappelant que seulement 1,8 agent par arrondissement était affecté à la dératisation. Or comme la population des rats est estimée à 4 millions dans la capitale, chaque agent est chargé en théorie d'éradiquer 111 000 de ces nuisibles...! Le rapport s'il se confirme étonne effectivement et la lutte contre les rongeurs est loin d'être gagnée dans ces conditions.
Si les comportements doivent évoluer afin que les détritus soient mis dans les conteneurs adéquats et deviennent moins accessibles pour les rats, la mairie de Paris ne peut plus se contenter de son côté de mesurettes inopérantes, mais employer les grands moyens.
Dominique Feutry
Rédigé à 22:38 dans Actualité, Cadre de Vie, Environnement, Parcs & jardins, Propreté | Lien permanent | Commentaires (14)
File d'attente de parisiens courageux souhaitant acquérir, Square Louis XIII, des plants du Centre de production horticole de la Ville de Paris (Photo VlM)
Une longue file de parisiens formant un immense "U" serpentait lentement les pieds dans le terrain rendu boueux par le pluie dans le square Louis XIII de la place des Vosges (IVe), en ce samedi matin de mars.
La mairie de Paris avait en effet donné rendez-vous aux jardiniers amateurs, aux "végétaliseurs", pour une distribution à prix cassés de plantes, arbustes et plants formant les "surplus" du "Centre de production horticole de la Ville de Paris".
Une heureuse initiative qui a lieu depuis plusieurs années et sera dupliquée le 11 mars prochain dans le XIXe arrondissement. Une façon aussi pour ceux qui bénéficient de cette offre de trouver ainsi une redistribution minime de leurs impôts.
Il est important de souligner, un prospectus était distribué aux "clients" pour le rappeler, que le centre horticole produit annuellement 2.800 arbres arrivés à 5 ans de maturité (17.000 étant en cours de culture), 140.000 arbustes, 7.000 rosiers , 135.000 plantes vivaces à fleurs, 2 millions de plantes saisonnières , 80.000 plantes d'intérieur et 70.000 chrysanthèmes !
Dominique Feutry
Rédigé à 16:14 dans Actualité, Cadre de Vie, Environnement, Parcs & jardins | Lien permanent | Commentaires (0)
Le jardin Thorigny et ses cinq érables dans la force de l'âge (photo VlM)
"Vivre le Marais !" s’est fait l’écho à plusieurs reprises du combat mené par notre collectif de riverains de la rue de Thorigny en vue de sauver les cinq érables implantés sur le jardin de la résidence pour personnes âgées de "La Perle" (Madeleine Béjart), condamnés à être abattus dans le cadre du projet d’ouverture au public de ce jardin. Il n’est pas acceptable, en effet, que cette ouverture marque une régression de la nature à Paris et substitue à de beaux arbres en bonne santé qui atteignent 15 à 20 mètres, quelques petits arbres qui culmineraient à 3 ou 4 mètres.
Ayant entendu l’indignation des riverains (et des nombreux Parisiens qui ont signé une pétition) ainsi que la position de Sophie Hyafil, Architecte des Bâtiments de France (ABF), qui a émis le souhait de préserver au moins un arbre, le maire du IIIe a demandé en septembre dernier à la Direction des Espaces Verts de la Ville de Paris (DEVE) de réexaminer le projet en vue de sauver « un certain nombre d’arbres » selon les possibilités techniques. La difficulté majeure est, en effet, au plan technique, de donner l’accès au jardin aux personnes à mobilité réduite, tout en maintenant les érables qui sont plantés 80 cm au-dessous du niveau de la rue.
Le 13 janvier dernier, lors d’une réunion tenue à la mairie du IIIe en présence du Maire, de ses Adjoints et de l'ABF, la DEVE présentait à des représentants du Collectif et à un résident de la maison de retraite les différentes solutions envisagées.
La première, la plus simple et la moins coûteuse, consiste à sauver le premier érable, celui le plus proche de la rue de Perle. Une petite parcelle de terrain serait donc soustraite du projet initial qui, dans l’ensemble, pourrait donc être respecté. Cette solution a la préférence de Mme Hyafil. Son principal mérite, selon elle, serait d’apporter de la lumière au début de la rue, même si cela conduit à mettre en évidence la résidence de retraite dont elle n’apprécie pourtant pas l'architecture, et même si le concepteur de celle-ci avait précisément voulu, grâce à ces arbres, atténuer la confrontation entre ce bâtiment nouveau et les prestigieux bâtiments anciens qui l’entourent.
La seconde, qui renchérirait le projet de 25%, consiste à créer une passerelle d’environ 5 mètres de longueur entre la rue de Thorigny et la partie la plus haute du jardin, passant au-dessus de sa partie la plus basse où resteraient à leur place deux ou trois érables. Cette solution qui, à cause de son coût semble vouloir être écartée par le Maire, a la préférence, bien entendu, des riverains.
Quelle est la « valeur » d’un érable en parfaite santé au centre du Paris historique ? Nul ne peut le dire, mais ce qui semble évident c’est qu’un abattage massif (de quatre arbres sur cinq) serait pour le moins incohérent alors même que la ville de Paris s’engage dans de nombreuses actions en faveur de la nature et du climat, et que les habitants du Marais sont particulièrement soucieux d’écologie et préoccupés de leur patrimoine aussi bien naturel qu’architectural.
Initié en 2014, ce projet de jardin, aux intentions louables à l’origine mais qui conduit au sacrifice d’un trop grand nombre d’arbres, serait bel et bien, s’il devait rester en l’état - aujourd’hui où la prise de conscience des enjeux écologiques est encore plus vive qu’alors – en totale inadéquation avec son temps.
Le collectif Thorigny
Rédigé à 16:40 dans Cadre de Vie, Environnement, Conseils de quartiers, Parcs & jardins, Urbanisme, PSMV | Lien permanent | Commentaires (5)
Point recyclage square du Temple (IIIe) (Photo Mairie de Paris)
Plutôt que de laisser son sapin sur le trottoir, il est préférable de le déposer à l’un des 150 points de collecte prévus dans les jardins de Paris jusqu’au 24 janvier. Si 29.000 sapins ont été recyclés fin 2010, leur nombre atteignait 70.000 en 2015 ! La mairie de Paris souhaite faire mieux encore cette année.
Le recyclage vise à valoriser les déchets verts, les sapins sont transformés en broyat, puis utilisés comme paillage sur les massifs des jardins. Il faut savoir que l’abandon d’un sapin est passible d’une amende de 150 €.
Pour le Marais les squares acceptant les sapins sont les suivants,
Alors ayons une attitude responsable en allant déposer notre sapin dans les lieux indiqués, évitons par négligence d’encombrer les trottoir et de surcharger inutilement les services de la propreté.
Dominique Feutry
Rédigé à 21:41 dans Cadre de Vie, Environnement, Parcs & jardins, Paysage de la rue, Propreté, Voirie/Déplacements | Lien permanent | Commentaires (0)
Jardin de la Tour Saint-Jacques (IVe) fermé au public (Photo VlM, clic gauche jusqu'à deux fois dans l'image pour agrandir)
Hier dans le jardin de la Tour Saint-Jacques on comptait les vivants et les morts. Il s'agit des rats bien entendu. Un panneau sur la porte fermée indique que l'accès au jardin est interdit pour cause de dératisation. Il y a des rats morts un peu partout, en effet, et d'autres encore bien vivants qui gambadent joyeusement.
Les passants s'arrêtent et regardent. Les touristes asiatiques déploient des trésors d'ingéniosité avec leurs perches télescopiques pour les photographier au plus près. Les corneilles sont aussi nombreuses que les rats et se délectent de leur cadavres.
Une équipe du New York Times nous a posé sur place des questions dans un direct de New York relayé par son bureau parisien. Manifestement cette affaire passionne le monde. La veille c'était CNN et auparavant BBC News de Londres, sans parler des médias français qui tous à l'unisson se sont mobilisés sur cette nouvelle.
Paris se passerait bien de cette publicité mais l'évènement pourrait être salutaire si la Mairie de Paris en tirait les conséquences. Elle a pris le taureau par les cornes en déployant immédiatement une campagne de dératisation. Il faut maintenant qu'elle se préoccupe des causes et qu'elle s'y attaque pour inverser la tendance. Car il se pourrait que les rongeurs survivent à la tentative de les exterminer. Ces animaux sont intelligents et capables de faire la part de leur salut en choisissant de ne manger que la nourriture fournie en abondance par les passants qui balancent les restes de leur fast-foods par dessus les grilles. Faudra-t- il pour finir s'attaquer aux rats un à un à la carabine ?
L'urgence est de renforcer immédiatement les protocoles de nettoiement des parcs et jardins à Paris. Quoiqu'il en coûte, sachant qu'il y a dans le budget de la capitale des gisement d'économies importants, à commencer par les subventions aux associations fantaisistes. Il faut également revenir immédiatement sur la décision périlleuse d'ouvrir les parcs et jardin la nuit, là où une telle décision a été prise, car elle est antinomique avec la nécessité de garder ces espaces propres.
Il faut enfin engager une réflexion sur la distribution de la population en Île de France. Paris est surpeuplée par comparaison aux autres villes européennes (2,2 Millions pour 105 km²) et le centre de Paris souffre particulièrement d'une hyper-densité d'habitants et de touristes. Le graphique ci-dessus qui provient du site Alain Bertaud, urbaniste et consultant pour la Banque Mondiale à New York (USA) montre (courbe rouge) que la densité culmine à 2 km du centre avec un chiffre de 300 hab/ha soit 30.000 hab/km². L'histogramme en bleu qui concerne Moscou montre que la population d'une grande ville peut s’étaler régulièrement sur une surface beaucoup plus vaste (22 km de rayon dans ce cas).
Un espace surpeuplé n'est pas gérable. C'est vrai en matière de sécurité, de nuisances et notamment de propreté. La politique de densification débridée de Paris conduite par Ian Brossat, les efforts de l'Adjoint au tourisme Jean-François Martins pour que Paris attire encore plus de tourisme de masse (*) et des évènements à retentissement mondial comme Roland Garros et les Jeux Olympiques, sont incompatibles avec la mission de Mao Péninou qui a la charge d'entretenir la ville.
Ces considérations heurtent l'idée reçue qu'il faut intensifier la création de logements et accueillir toujours plus de touristes. Ces politiques sont louables en soi si elles tiennent compte d'une répartition équitable sur l'ensemble du territoire. Elles peuvent s'avérer désastreuses si leurs effets se concentrent sur un espace limité. Nous sommes peut-être en train d'en faire la pénible constatation.
GS
(*) On évalue à 50 Millions le nombre de visiteurs par an à Paris. Sur la base de 3,9 nuitées par visiteur ("Les Echos" 2015), ce sont 530.000 personnes supplémentaires présentes dans la ville chaque jour, concentrées dans ses zones touristiques.
Rédigé à 10:56 dans Actualité, Cadre de Vie, Environnement, Logement, Parcs & jardins, Politique, Propreté, Société, Urbanisme, PSMV | Lien permanent | Commentaires (9)